Trame Narrative

ACTE 3

Je n’y croyais pas… mais je l’ai fait !

Nous sommes presque à la fin de notre trame narrative. Pour terminer notre histoire, pour l’amener au climax, il est important de s’assurer que les conflit interne et externe soient résolus. Attention, la résolution n’est pas obligatoirement positive. Selon le choix qui est fait par le protagoniste nous pouvons orienter l’histoire vers une fin héroïque (le protagoniste choisit de régler les conflits et de les affronter, ce qui a pour effet de le transformer) ou vers une fin tragique (le protagoniste n’arrive pas/plus la force de se battre, meurt ou reste inchangé, mais ses actions ont modifié son entourage).

Pour mieux comprendre le climax, il faut comprendre le rôle de l’antagoniste/isme. Pour simplifier, il est « la manifestation physique du conflit interne » selon Dara Marks. C’est cette chose (physique ou non) qui s’oppose à la résolution du conflit externe. Souvent, il est personnifié par le méchant, mais ce dernier n’est pas forcément un être vil, corrompu ou sombre. C’est avant tout l’inverse de notre protagoniste. Il peut être souriant, présentable…

Parfois l’antagoniste n’est autre que le protagoniste lui-même ! Ce personnage qui s’empêche à lui-même, qui se sabote et se rabaisse.

En soit, pour arriver au Climax, votre protagoniste doit combattre l’antagoniste. Un combat pour le changement. 

Thriller : Se cachant du tueur, il laisse la fillette et sa fille se reposer dans un lieu, qu’il espère, sécurisé, pour se confronter à cet être abominable. Sans arme, il est obligé d’être rusé pour ne pas mourir. Le tueur se balade dans les couloirs bétonnés, allant d’une pièce sans porte à une autre. Au détour d’une d’entre elles, notre protagoniste s’apprête à bondir sur le tueur pour le démunir de son arme. Ce dernier repère les quelques taches de sang qui jonchent le sol. Certaines sont marquées d’une trace de chaussures allant vers le fond de l’immeuble. D’autres reviennent en arrières. Sur ses gardes, il avance. Proche l’un de l’autre, le protagoniste bondit sur le tueur. Enchainant les prises, ils se débattent, proche du vide de la cage d’escalier, notre tueur, arme à bout de bras pointe notre protagoniste. Il veut savoir où sont les filles ! La plus grande apparaît derrière avec une barre en fer qu’elle utilise pour déstabiliser le tueur. Le protagoniste se saisit de l’arme. Prêt à le tuer pour venger sa femme, il s’arrête et explique qu’en agissant ainsi, il s’abaisse à n’être qu’un tueur. Il n’est pas question de faire subir cette vision d’horreur à sa fille qui a déjà trop subi, ni à la fillette qui a vu sa mère mourir. Les policiers arriveront quelques temps après pour l’appréhender.

Catastrophe : Dans la navette, proche du satellite, l’équipe s’apprête à amorcer les manœuvres de déviation. Sur Terre, son fils impuissant et seul, décide de prendre la voiture et de rentrer prévenir sa famille. Les ondes des astéroïdes empêchent la navette de manœuvrer correctement. Tous les systèmes sont détraqués. La dernière solution serait de provoquer la collision avec la navette, en la faisant exploser, générant suffisamment d’énergie pour orienter le petit astéroïde sur le grand. Cette démarche demande des techniques qu’il est le seul à pouvoir gérer. Proche de l’instant, en regardant vers la Terre, il esquisse un sourire. L’explosion se voit depuis la Terre sur laquelle la famille rassemblée regarde, impuissante. Le sacrifice est dure mais utile pour l’humanité. Quelques mois plus tard, sur le rebord de la cheminée, la photo du père de famille prône. Il sera à jamais présent.

Romantique : Les jours se suivent et s’enchainent. Chaque jour, le second protagoniste apporte de nouvelles fleures, raconte un nouveau chapitre, reste assis pour être présent. Après un mois à l’hôpital, tard le soir, main dans la main, il s’endort sur le fauteuil. C’est alors que la main du premier se contracte. Les yeux s’ouvrent doucement et dit : « Je ne partirai jamais sans toi ». En larme, notre second protagoniste appel une infermière et répond « Je ne te laisserai plus partir ». 

Nos histoires se terminent. Si vous relisez les premiers paragraphes, j’explique que, la fin est souvent présente dès le début de nos histoires. Quand bien même en improvisation nous ne savons pas où nous allons, nous pouvons percevoir quelques informations. Informations que nous pouvons/devons utiliser à la fin. C’est la réincorporation

C’est ce qui nous permet de comparer nos commencements à nos fins. Pour ça, posons-nous cette question : Est-ce que nos protagonistes ont accompli quelque chose à la fin, qu’ils n’étaient pas capables de faire au début ?

Thriller : Au départ, notre protagoniste pense pouvoir oublier sa femme et sa fille avec l’alcool. Il pense même que la mort serait une solution. Il se sent totalement passif de la mort de sa femme et de la disparition de sa fille. Presque fautif à ses yeux, il a peur de vivre ! À la fin, il secourt cette dernière et sauve son estime de soi en s’empêchant de tuer. Et puis selon son vécu, la mort serait trop facile. La vie est bien plus dure à vivre.

Catastrophe : Au départ, notre protagoniste préfère s’enfermer dans son boulot plutôt que de passer du temps avec sa femme et ses enfants. Il s’est convaincu qu’il avait tout raté avec eux. Qu’il n’était pas reconnu comme maris et encore moins comme père. Il a peur d’être lui-même. À la fin, il est au centre de la famille. Il s’est sacrifié pour eux.

Romantique : Au départ, nos protagonistes ne connaissent pas l’amour. Lorsqu’ils le croisent, ils se l’interdisent. Ils ont peur d’être heureux et peur de perdre ce qui les rattache l’un à l’autre. À la fin, proche de la mort, de la perte ultime, ils ne peuvent plus se séparer.

Les grandes histoires ne sont que des récits à un instant donné. Mais elles sont aussi intemporelles si on sait lire entre les lignes. Elles marquent nos imaginaires, nos pensées, elles s’imprègnent dans nos vies et nos quotidiens. Elles mettent en exergues les sensibilités et les fragilités de l’être humain. Les nôtres. N’avons-nous jamais éprouvé ce sentiment de solitude après la perte d’un être ? Ou cette volonté de vivre pleinement l’instant présent ? Combien de fois nous sommes nous refusé d’aimer ? Combien de sacrifice avons-nous fait et combien reste-il à faire ? 

Continuons à raconter des histoires, à inventer des personnages, des situations. Créons sans cesse pour ne jamais faire mourir notre regard.

Ainsi se termine cet article. À présente, je vous invite fortement à déceler les différentes parties dans les films, les séries que vous regarder, les romans que vous lisez, dans les spectacles que vous contemplez ! Je vous invite à tester au-fur-et-à-mesure les éléments dans les improvisations que vous jouez.

L’ensemble de cet article est largement repris du live “Inside Story – Le travail de l’armée transformationnel” écrit par Dara MARKS et paru aux éditions DIXIT .

Tram narrative finale

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